PHOTO : LA PRESSE CANADIENNE / RYAN REMIORZ

Associations soumettent une demande de sursis pour rendre inapplicable le projet de loi 21

Le Conseil national des canadiens musulmans (CNMC) et l’Association canadienne des libertés civiles (ACLC) ont aujourd’hui soumis une demande de sursis à la Cour supérieure du Québec pour rendre inapplicable le projet de loi 21 : Loi sur la laïcité de l’État introduit par la Coalition Avenir Québec (CAQ), qui est devenu une loi dimanche en fin de soirée.

La poursuite du CNMC et de l’ACLC conteste la validité de la nouvelle loi, sous motif qu’elle est inconstitutionnelle et causera un dommage irréparable aux minorités religieuses. Il est attendu que la demande de sursis soit entendue en cour jeudi, le 20 juin.

Les demandeurs dans cette poursuite incluent également Ichrak Nourel Hak, une étudiante en éducation qui porte le voile. « La décision de porter le hijab est la mienne et provient de moi. La décision de l’enlever devrait également venir de moi, et non du gouvernement. Cette loi m’a arraché de mon rêve et envoi le message clair que je ne suis pas une partie valorisée de la société québécoise. Toutes mes années d’études, tous mes efforts pour faire partie des meilleurs enseignants du Québec se sont évaporés en un instant. Étant une femme malentendante, j’ai dû travailler bien plus fort que la plupart de mes collègues pour me rendre là où je suis aujourd’hui. J’étais fière de mon progrès et de mes accomplissements. Cependant, cette loi vient de me couper les ailes, » dit Mme Hak.

Le projet de loi 21 empêche les individus qui portent un symbole religieux d’avoir certains postes dans le secteur public, incluant celui d’enseignant, de policier et de procureur. Cette loi va significativement restreindre, en autres, les droits et libertés des femmes musulmanes qui portent le hijab, des juifs qui portent la kippa, et des sikhs qui portent un turban.

« Depuis la nuit dernière, le gouvernement du Québec a légalisé la discrimination religieuse – et nous refusons de l’accepter. Cette loi honteuse est une marque noire sur la province inclusive et progressiste qu’est le Québec. La vie et les moyens de subsistance d’individus sont affectés, poussant plusieurs musulmans, juifs et sikhs ainsi que d’autres communautés religieuses dans les marges de la société, dans une période tendue où l’islamophobie, l’antisémitisme et d’autres formes de racisme sont en pleine ascension. C’est pour cette raison que nous passons immédiatement aux mesures juridiques, afin de prévenir la mise en place d’une citoyenneté de deuxième classe par le gouvernement » dit Mustafa Farooq, Directeur exécutif du CNMC.

« L’Égalité et la liberté de religion sont des droits fondamentaux universellement reconnus, ainsi que les principes fondateurs de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne. Une loi qui pourchasse les minorités les plus visibles (dont la plupart sont des personnes de couleur ou des nouveaux arrivants); qui vise les femmes particulièrement; et qui encourage un environnement d’intolérance et de division n’a aucune place dans une société qui valorise l’égalité et la liberté. C’est pour cette raison que nous contestons la loi en cour, et supportons toute personne qui l’oppose, » dit Noa Mendelsohn Aviv, Directeur du Programme égalité de l’Association canadienne des libertés civiles.

Les demandeurs sont représentés par Catherine McKenzie et Olga Redko de la firme distinguée IMK LLP de Montréal.

Le CNMC est une organisation nationale indépendante non-partisane à but non-lucratif qui est une voix éminente pour l’engagement civique et la promotion des droits de la personne.

L’Association canadienne des libertés civiles est une organisation nationale non-partisane à but non-lucratif qui travaille à protéger les droits et libertés de tous les individus au Canada.

 

Source: https://www.nccm.ca